L’utilisation excessive des filtres de beauté chez les femmes

Sur Instagram, sur TikTok, partout sur les réseaux, un phénomène silencieux mais puissant gagne du terrain : les femmes au Cameroun, comme ailleurs dans le monde, ne se contentent plus de sourire devant la caméra — elles se transforment. Nez redessé, peau lissée, yeux agrandis, mâchoire affinée… Bienvenue dans l’ère des filtres de beauté, où chaque selfie peut ressembler à une couverture de magazine. Mais derrière ces transformations impeccables se cache une question de plus en plus pressante : et si on perdait pied avec notre propre visage ?

Du jeu à la dépendance : quand le filtre devient un masque

Ce tout a commencé comme un jeu. Une petite retouche, un effet rigolo, un sourire en coin devant l’écran. Mais peu à peu, ce jeu innocent a pris une autre tournure. « Le phénomène est devenu massif, presque automatique », explique la psychologue Thérèse Bih. « Ces transformations sont si bluffantes qu’elles créent une nouvelle norme. Et les femmes, surtout les plus jeunes, finissent par se sentir mal à l’aise avec leur apparence naturelle. »

Aujourd’hui, certaines ne postent plus sans filtre. D’autres n’acceptent même plus de faire des vidéos en direct. Pourquoi ? Parce que l’image numérique est devenue plus rassurante que la réalité. « Autant dans la vraie vie on a des filles qui ne peuvent se supporter sans maquillage, autant dans la vie virtuelle, il y en a qui ont besoin de se “masquer” », souligne Mme Bih. Et ce masque, aussi léger soit-il, peut devenir une prison invisible.

Un effet de masse aux conséquences profondes

Le Cameroun n’est pas seul dans ce mouvement. C’est une tendance mondiale, amplifiée par la globalisation des réseaux sociaux. Mais ici, comme ailleurs, ce suivisme a un prix. Le danger, ce n’est pas tant d’utiliser un filtre, c’est de commencer à croire qu’il est nécessaire. Qu’on n’est pas assez belle, assez fine, assez claire, assez… parfaite sans lui.

Et cette déconnexion entre l’image réelle et l’image modifiée ? Elle peut nourrir des troubles profonds : baisse de l’estime de soi, anxiété sociale, voire, dans les cas extrêmes, des troubles de l’identité. « Quand une personne ne se reconnaît plus sans filtre, c’est un signal d’alerte », insiste la psychologue. « Cela veut dire qu’elle ne s’aime plus telle qu’elle est. »

Et si on osait l’authenticité ?

Thérèse Bih appelle à la vigilance, mais aussi à la bienveillance. « Les filtres ne sont pas mauvais en soi. Ce sont des outils de divertissement, de créativité. Le problème, c’est quand ils dictent notre rapport à nous-mêmes. » Sa recommandation est claire : utilisez-les, mais sans vous y perdre.

Elle invite les femmes à retrouver le goût de l’authenticité : à poster un selfie sans retouche, à sourire avec leurs vraies rides, leurs vrais pores, leurs vraies imperfections. Parce que c’est là, justement, que réside la beauté. Pas dans un nez parfaitement effilé, mais dans un regard franc, un rire sincère, une peau qui raconte une histoire.

Un appel à la conscience numérique

Dans un monde où tout s’efface d’un simple glissement de doigt, il devient essentiel de se souvenir de ce qu’on est vraiment. Les filtres peuvent embellir une photo, mais ils ne peuvent pas remplacer la confiance en soi.

Alors, peut-être est-il temps de poser la question :
Qui êtes-vous sans filtre ? Et surtout… osez-vous vous montrer ?

Parce que la vraie beauté, celle qui dure, ne se programme pas. Elle s’assume.
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